Vrai maître et petit Maestri, distinguer le vrai du faux

Publié le 21 Septembre 2014

Aussi loin que l'on puisse remonter, le système d'éducation a toujours été basé sur un modèle de transmission de maître à disciple. Malheureusement aujourd'hui dans beaucoup de domaines l'on voit une émergence de faux maîtres et même dans le monde du Budo.

Avant d'aller plus loin relisont calmement la définition du mot maître et sensei.

Maître : personne qui possède à un degré éminent un talent, un savoir et qui est susceptible de faire école, d'être prise pour modèle.

Sensei 先生 : celui qui était là avant moi, qui est garant du savoir et de l'expérience d'une technique ou d'un savoir-faire.

Comment distinguer le vrai du faux ?

C'est la valeur de l'homme qui fait office d'indice dans cette quête du maître, cette valeur est le résultat de sa recherche personnelle continue qui lui permet de voir les difficultés rencontrées par ses élèves mais surtout d'y apporter une aide adaptée sans rechercher le profit ou la gloire.

Il montre également le chemin qu'il a parcouru sans pour autant l'imposer, il encourage même à aller explorer le monde afin de s'en nourrir et de grandir grâce à lui.

Le maître ne se nourrit pas de l'admiration de ses élèves contrairement aux petits maestri qui les vampirisent en les attirant vers eux comme on attire des abeilles avec du miel, mais dans le cas présent le miel a un arrière goût de vinaigre.

Ce dernier est centré sur lui et sur le pouvoir qu'il pense avoir sur ses élèves, il cherche l'admiration et ne conçoit pas qu'on lui dise non tel un enfant auquel on aurait refusé un bonbon. Plus grave encore il arrive même de cacher voir de fausser leur technique afin de garder l'ascendant sur ses élèves, mais cela ne revient qu'à essayer de préserver une toute puissance illusoire afin d'asseoir une pseudo supériorité qui s'apparente plus à une dictature qu'à une relation de maître à disciple saine et harmonieuse.

vrais maîtres ou vrais charlatans ???

Le maître est un architecte, un artisan, il montre les plans d'une maison, nous aide à mettre en place les fondations, nous conseille mais au final il sait que c'est nous qui allons y vivre et y donner de la vie.

Murs, portes et fenêtres forment la maison. Mais le vide de la chambre permet d'y habiter.

Lao Tseu

On pourrait se demander, mais à quoi bon chercher ce maître ? Si le monde est jalonné de petits Mussolini des tatamis trop occupés à se perdre dans leur nombril et leur soif de reconnaissance, doit on se cacher derrière le "Ni dieu, ni maître" sous prétexte que l'homme n'a besoin d'aucune aide pour maîtriser ses humeurs, ses émotions et qu'il n'a aucun besoin d'écouter autrui.

Et bien sans ce rapport maître/disciple aucune progression n'est possible car on s'illusionne dans sa pratique, attention je ne dis pas que pratiquer seul est inutile, bien au contraire cela permet de se concentrer sur son ressenti et de "digérer" ce qui a été étudié au dojo.

Une chose aussi qu'il ne faut pas oublier sans ce rapport maître/disciple, aucune progression n'est possible car on s'illusionne dans sa pratique, on s'idéalise.

Attention je ne dis pas que la pratique en solitaire est inutile bien au contraire, elle permet de se concentrer sur son ressenti, à être à l'écoute de son corps. On peut voir dans la pratique solitaire le Ha du Shu Ha Ri 守 破 離 et donc je peux dire sans trop m'avancer que sans un maître pas de Shu (bases) étape obligatoire avant le Ha (expérimentations), le choix du maître est trop important pour se ruer vers le premier dojo, donc pas de précipitation. N'oublions pas que le maître est avant tout un homme et rien qu'un homme, avec ses qualités, ses forces mais aussi ses défauts et ses faiblesses c'est même cela qui fait la différence, il nous prouve chaque jours que bien qu'étant faillible l'on peut progresser et aller plus haut tout cela n'est au final qu'une question de rencontres et de contacts humains comme j'aime à penser et il ne tient qu'à nous de propager cette diversité.

Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))
Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))

Maîtres du passé et du présent ... (photo 3 de Tamaki sensei par Johann Vayriot, photo 6 de Allen Pittman par Shizuka Tamaki))

Rédigé par Mathias Capron

Publié dans #Budo, #Réflexions, #Traditions

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D
Merci pour cet article ... Une précision, un maître peux aussi être une femme, et rien qu'une femme, avec ses qualités, ses forces mais aussi ses défauts et ses faiblesses ;-)
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M
Merci pour la lecture Nelly, et pour avoir rattrapé mon oubli ;-) l'enseignement martial par une femme est un sujet que j'aimerais beaucoup aborder dans le futur. <br /> Au plaisir d'échanger avec vous.<br /> Amicalement<br /> Mathias